Le sujet du bien-être au travail est relativement récent et beaucoup de managers ne comprennent pas l’intérêt de s’en occuper, surtout si le chiffre d’affaire est satisfaisant. La raison est simple et elle est la suivante : les organisations ayant des cultures saines et positives bénéficient de :

  • Meilleure attraction et rétention du talent
  • Bas niveaux d’absentéisme et de présentéisme
  • Meilleur niveau d’engagement
  • Meilleurs résultats organisationnels et financiers[1].

Très souvent, le bien-être au travail est associé aux cours de yoga, à une journée dans la nature avec des collègues ou à une action de sensibilisation aux risques psycho-sociaux. Je m’oppose fortement à une telle approche, car si vous l’adoptez, vous n’aurez aucun impact et vous aurez beaucoup moins de chances de réussir sur votre marché.

Le bien-être au travail est un concept qui va au-delà de la santé physique et mentale: il fait référence à «un sentiment général de satisfaction et d’épanouissement dans et par le travail qui dépasse l’absence d’atteinte à la santé. Le bien-être met l’accent sur la perception personnelle et collective des situations et des contraintes de la sphère professionnelle.[2]» Ses éléments essentiels sont :

  • Culture organisationnelle
  • Relations humaines et équipes soudées
  • Gestion du stress
  • Bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée.

L’autre idée fausse autour du bien-être au travail c’est que c’est une affaire des RH. Ils peuvent être un bon initiateur et un coordinateur de la politique de bien-être, mais la participation proactive du haut management est fondatrice. L’un des facteurs clés est la relation des managers avec les salariés, ce qui nécessite de la part du manager une volonté de s’évaluer soi-même et de chercher à devenir meilleur leader. Une grande partie du bien-être vient des attitudes inconscientes et des décisions du management : sur la confiance, l’appréciation, l’autonomie, les horaires, les responsabilités, la délégation des taches, etc. Pour cette raison il est impossible de réussir à construire le bien-être au travail en le limitant aux soucis des DRH.

Si vous n’avez pas encore commencé la démarche du bien-être dans votre organisation, voici quelques conseils pour partir dans la bonne direction :

  1. Assurez-vous le soutien de la haute direction
  2. Intégrez le bien-être dans la stratégie globale de l’entreprise
  3. Communiquez votre vraie détermination d’apporter du bien-être à vos équipes
  4. Identifiez les besoins par un questionnaire anonyme pour les salariés
  5. Définissez vos objectifs et votre politique/stratégie de bien-être
  6. Construisez un plan d’actions (non-formel et positif pour engager)
  7. Implémentez et évaluez.

A ne pas faire:

  1. Ne voyez pas cette démarche comme un exercice pour “cocher une case” : si la politique de bien-être n’a pas de vraie intention et d’actions qui suivent, cela diminuera la confiance et l’engagement des salariés.
  2. Ne perdez pas d’argent et de temps avec des actions aléatoires et ponctuelles autour du sujet de bien-être.
  3. N’attendez pas des résultats exorbitants à court terme, car le changement culturel peut être progressif.

Sachez que la quête du bien-être passe par le changement de pratiques qui peuvent être profondément ancrées dans votre organisation et peut provoquer de la résistance et du pessimisme, mais la démarche en vaut la peine!

 

[1]http://www.greatplacetowork.co.uk/storage/Publications/wellbeing_and_culture_final_011216.pdf

[2]http://www.inrs.fr/risques/bien-etre-travail/ce-qu-il-faut-retenir.html